La péritonite infectieuse féline, une maladie encore trop tabou…

Péritonite infectieuse féline

Récemment, j’ai fait le constat que la PIF ou FIP (péritonite infectieuse féline) est mal connue, aussi bien des particuliers que de certains éleveurs.
Pire encore, elle amène encore trop de préjugés de personnes mal renseignées sur le sujet.

Avant de faire de l’élevage, je ne connaissais même pas cette maladie.
Ce n’est que plus tard que j’en ai entendu parler par-ci, par-là. J’ai même observé que c’était un sujet plutôt tabou chez la plupart des éleveurs. Quel éleveur n’a pas eu de cas de PIF chez lui ou sur un de ses chatons vendus ?
Je dois dire qu’en 6 ans d’élevage, j’ai eu la chance de ne pas connaître ça, jusqu’à récemment.

Faisons tout d’abord une petit mise au point …

Non, coronavirus félin ne veut pas dire PIF !

Je vois bien trop souvent des personnes qui font l’amalgame, soit par manque de connaissances sur le sujet, soit parce que quelqu’un leur a donné de fausses informations.

Environ 90% des chats vivant en collectivité sont porteurs du coronavirus félin (contre 50% des chats vivant chez un particulier) dans sa forme entérique (FECV), et dans 5 à 10% des cas, ce virus peut muter en FIPV.
Une faiblesse immunitaire et/ou un stress quelconque constituent un terrain favorable au développement de la PIF.

Donc oui, votre chat peut très bien être porteur de coronavirus, sans jamais être malade. Il est alors asymptomatique. C’est le cas de la majorité des chats, en fait. Par contre, ils peuvent très bien excréter le virus.
La version entérique (FECV) peut provoquer des troubles intestinaux (diarrhée, selles molles). C’est souvent observé chez les jeunes chatons au moment du sevrage (ils ont alors une faiblesse immunitaire dûe à la dimininution des anticorps apportés par le colostrum de leur mère).

En élevage, c’est mission quasi impossible de ne pas avoir de coronavirus félin. Ce virus étant très contagieux. Les chats se contaminent par les selles. L’idéal est de faire des petits groupes de chats (3-4 maximum) afin d’éviter d’avoir un trop haut taux de FECV.
Personnellement, je sais depuis le début que j’élève (j’avais seulement 4 chats) que j’ai du coronavirus. Je fais avec. Et croyez moi, je préfère qu’il y en ai au sein de mon élevage plutôt que mes chats soient négatifs. Car le jour où ils rencontreront le virus (changement de famille, expo, saillie…), leur système immunitaire ne l’ayant jamais rencontré, combiné au stress lié à l’événement, il pourra plus facilement muter en FIPV.

Un chat ayant la PIF, n’excrète plus de coronavirus. Donc le FIPV n’est pas contagieux. C’est la forme entérique (FECV) qui l’est. Cela a été démontré par des études scientifiques

La PIF est imprévisible

Un chat qui déclare la PIF, c’est un peu la loterie malheureusement. On ne peut pas le savoir à l’avance. Comme je le disais plus haut, le terrain joue beaucoup : faiblesse immunitaire et/ou stress. Si une PIF doit survenir, c’est plus souvent avant les deux ans du chat. Mais il existe des chats qui peuvent déclarer une PIF à un âge bien plus avancé.

Il existe deux formes de péritonite infectieuse féline :

  • la forme humide : épanchement abdominal et/ou péricardique, ascite + vasculaire. Evolution rapide.
  • la forme sèche : lésions granulomateuses dans divers organes. Les lésions sont assez aléatoires et provoquent des symptômes divers et variés, ce qui la rend difficile à diagnostiquer. L’évolution est aussi plus lente.
    La forme sèche peut provoquer des atteintes au cerveau : ataxie, hyperesthésie, nystagmus, convulsions, changements comportementaux et déficits des nerfs crâniens.
    Elle peut aussi être oculaire avec des symptômes comme une uvéite et diverses inflammations à l’oeil.
    Un chat peut très bien présenter les deux formes en même temps.
Uvéite chat atteint de PIF sèche
Uvéite chez un chat atteint de PIF sèche

Le cas de Starlight et son combat contre la PIF

En 6 ans d’élevage, je fais face pour la première fois à un cas de péritonite infectieuse féline sur un de mes chats. Il s’agit de Starlight, une chatonne née le 7 juin 2021. Elle est atteinte de PIF sèche neuro et oculaire.

Son histoire

C’est une chatonne qui avait un bon poids de naissance et qui prenait régulièrement du poids jusqu’à ce que je doive enlever Moonlight (la maman) de sa portée quand les chatons avaient 5 semaines seulement. Résultat, gros stress pour eux, changement de mère assez difficile. Je les ai mis avec Charlotte qui avait également 5 chatons à nourrir et je complémentais avec du lait artificiel et un début de sevrage à la pâtée. Je pense que cette période difficile est la source de la PIF de Starlight.
C’était en effet le début des problèmes pour elle. Son poids n’évoluait pas ou très peu, elle était souvent constipée. Elle est restée longtemps autour des 600gr.
Au début du mois de septembre, on a fait pas mal d’examens et ma vétérinaire n’a rien trouvé, si ce n’est deux ganglions localisés au niveau des reins; mais apparemment sans incidence sur son état. On a décidé de la mettre sous cure de vitamines B12 et croquettes hypoallergéniques. Ca été mieux. Elle a grossit jusqu’à 1,6kg fin octobre – début novembre. Au même moment, elle déclenche une conjonctivite qu’on traite et qui guérit rapidement. Mais son poids n’évolue plus. Elle dort beaucoup.

Le diagnostic tombe…PIF sèche neuro et oculaire

Début décembre, je remarque un oeil plus foncé que l’autre. C’est une uvéite. Souvent le signe que quelque chose d’autre ne va pas. On commence un traitement avec de la cortisone et des antibiotiques. Je remarque ensuite une ataxie au niveau de l’arrière train qui ne fait qu’empirer.
Ma vétérinaire ne croit pas à la PIF car depuis le temps, elle ne devrait plus être parmi nous. Mais on décide de faire une sérologie infectieuse en labo (Toxoplasmose, leucose, coronavirus). Le taux d’anticorps coronavirus revient bien élevé. Suite à cela, on fait un bilan sanguin qui démontre un fort taux de protéine et un rapport albumine / globuline anormal (0.5), ce qui tend à s’orienter vers le diagnostic de PIF sèche.
Starlight est condamnée.

Starlight avant de commencer le traitement GS
Starlight avant le traitement

Le traitement contre la PIF

Mais j’avais entendu parler de chats qui ont guéri suite à l’administration d’un traitement non autorisé officiellement. Je me suis donc renseignée et j’ai été aiguillée vers des personnes qui ont pu me donner toutes les informations pour commencer ce traitement au plus vite. Le 10 décembre débutait donc notre long combat contre la PIF…

C’est un traitement lourd et long (84 jours). Nous avons commencé avec des injections sous-cutanées jusqu’au 23 décembre. Il faut savoir que l’injection fait très mal car le produit est acide. Le chat réagit donc très vivement. Dans notre cas, ça devenait impossible de la tenir. C’était très éprouvant pour elle, comme pour moi.
J’ai donc dû passer aux comprimés avant les 21 jours requis.
Son état s’est rapidement amélioré, dès les 2-3 premières injections. Elle a repris 200gr. Et même si depuis les comprimés, elle a du mal à prendre encore du poids, son état s’améliore de jours en jours. Je la vois jouer, courir. Son uvéite a disparu. Sa première prise de sang (à J+28 de traitement) montrait des constantes revenues à la quasi normale. C’est très encourageant pour la suite. On ne baisse pas les bras !

Ce qui m’inquiète, c’est le gros retard de croissance qu’elle a accumulé suite à cette maladie. Elle faisait 1,6kg à 6 mois. Aujourd’hui, à 7 mois, elle fait 1,8 kg. Le poids normal est plutôt autour de 3kg…

Starlight à J28 traitement GS
Starlight à J28 du traitement

Si vous tombez sur cet article en cherchant des infos sur cette terrible maladie car vous y êtes confronté, n’hésitez pas à me contacter. Je vous renverrai vers les bonnes personnes pour vous aider à soigner votre chat !

Conclusion : non la PIF ne doit pas rester un sujet tabou !

Oui Starlight est en contact avec mes autres chats. Non, elle ne va pas les rendre tous malades de la PIF ! Pour rappel, elle n’excrète pas le virus muté.
Oui, la plupart des élevages ont du coronavirus félin. Et c’est normal ! 🙂

Nous ne pouvons pas vivre dans une bulle, nos chats non plus. Au contraire, il vaut mieux qu’ils développent une bonne immunité plutôt que de vivre dans un environnement aseptisé au risque de tomber malade au moindre contact de n’importe quel virus une fois dans leur nouvelle famille…

En tant qu’éleveur, il est de notre devoir d’informer correctement nos adoptants à ce sujet.

En tous cas, je ne remercierai jamais assez les personnes qui m’ont permis de mener ce combat et qui m’ont informée au sujet du traitement. Trop de personnes à qui ont fait ce diagnostic, rentrent chez elle sans espoir en attendant juste de faire euthanasier leur chat quand la fin sera proche. Ça n’est pas normal !

Booster l’immunité de son chat : la meilleure prévention contre la PIF

La meilleure prévention contre la PIF reste de booster l’immunité de votre chat surtout lors de périodes susceptibles de le stresser (voyage, visite vétérinaire, absence, déménagement, changement de famille, introduction d’un nouvel animal, arrivée d’un bébé, etc). Vous pouvez faire une cure d’EPP (extrait de pépin de pamplemousse), d’argent coloïdal 15ppm, de spiruline ou encore de Munisan. Ne pas faire de cures de plusieurs de ces produits en même temps !

Les données avancées ci-dessus sont issues de sources fiables (documents fournis lors du passage du CCAD – ACACED et différentes études vétérinaires / scientifiques).

Sources :
Etude Scanelis : sur les traces de la PIF
Thèse : Diagnostic de la péritonite infectieuse féline (Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort)
– Livre Royal Canin : Guide pratique L’élevage félin

3 réflexions sur “La péritonite infectieuse féline, une maladie encore trop tabou…”

  1. Bonjour,
    Tout d’abord merci pour votre témoignage.
    Nous sortons de chez le vétérinaire et le couperet est tombé. Il a diagnostiqué une pif à notre chatte chateigne. C’est a priori un une pif dite humide. Nous souhaiterions en savoir plus sur ce fameux traitement. Comment l’obtenir et quel coût nous ne roulons pas sur l’or et j’ai entendu que c’était très honereux.
    Dans l’attente de vous livre.
    Bien à vous

  2. Bonjour.
    Ma poupette est tombée malade ya une semaine. Épanchement abdominal de couleur jaune, elle est fatiguée, a de la fièvre. Le liquide est parti en analyse mais la vétérinaire est sûre à 100% que c’est une PIF humide. Elle avait fait le reste coronavirus en janvier et c’était négatif.
    Je suis au rsa, on m’a parlé de ce traitement qui vaut très cher, je suis anenantie. Pouvez vous m’en dire plus svp. Merci infiniment

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